Immunothérapie du cancer: une baie brésilienne en renfort

Par UdeMnouvelles
En 5 secondes Une équipe de recherche montre pour la première fois sur des souris que la castalagine, un polyphénol issu d’un fruit amazonien, augmente l’efficacité de l’immunothérapie en modifiant le microbiome.

Dans une étude publiée dans la revue Cancer Discovery, l’équipe de Bertrand Routy, professeur au Département de médecine de l’Université de Montréal, démontre les bienfaits anticancéreux de la baie brésilienne de camu camu, déjà reconnue pour ses effets protecteurs contre l’obésité et le diabète.

«Avec ces travaux menés en collaboration avec nos collègues des universités Laval et McGill, nous prouvons que la castalagine, un polyphénol agissant comme prébiotique, modifie le microbiome intestinal et améliore la réponse à l’immunothérapie même pour les cancers résistants à ce type de traitement», dit le Dr Routy, chercheur au Centre de recherche du CHUM (CRCHUM).

«Nos résultats ouvrent la voie à des essais cliniques où sera utilisée la castalagine en complément de médicaments, appelés inhibiteurs de points de contrôle immunitaires, chez les patients atteints de cancer», indique Meriem Messaoudene, postdoctorante au laboratoire du Dr Routy et première auteure de l’étude.

Ces personnes le savent: leur système immunitaire s’affaiblit. Ces dernières années, les inhibiteurs de points de contrôle immunitaires (ICI) leur ont redonné espoir en révolutionnant les thérapies qui ciblent le mélanome et le cancer du poumon.

En clair, ce type d’immunothérapie active le système immunitaire pour tuer les cellules cancéreuses.

Le microbiome en ligne de mire

Malgré ces améliorations, seule une minorité de patients obtient des réponses durables ressemblant à des guérisons. Il est donc primordial de trouver de nouvelles approches thérapeutiques. Différentes stratégies visent, ultimement, à transformer la composition d’un microbiome «malsain» en un microbiome «sain» afin de renforcer le système immunitaire.

L’une d’elles, employée par le Dr Routy, consiste à utiliser des prébiotiques, des composés chimiques capables d’améliorer la composition du microbiome intestinal.

«Pour évaluer les effets bénéfiques de la castalagine, nous avons donné le prébiotique par voie orale à des souris qui ont reçu une greffe de composants fécaux provenant de patients résistants aux ICI. Nous avons constaté que la castalagine se lie à une autre bactérie intestinale, Ruminococcus bromii, et favorise une réponse anticancéreuse», explique le Dr Routy.

Un essai clinique ambitieux

Cette découverte majeure sur des rongeurs va pouvoir être testée sur des êtres humains grâce au lancement du premier essai clinique combinant la baie de camu camu et les ICI. Le recrutement de 45 patients atteints d’un cancer du poumon ou d’un mélanome débutera ce mois-ci au CHUM et à l’Hôpital général juif.

Ce projet de recherche est financé à hauteur d’un million de dollars sur trois ans par la Weston Family Foundation dans le cadre du programme Brain Health: Lifestyle Approaches and Microbiome Contributions 2021.

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